À Créteil, comme d’autres villes du territoire, la restauration collective scolaire est du ressort du GPSEA.

Dans son éditorial de mars-avril, l’élue en charge de la restauration collective prend bien des précautions pour excuser par avance les défauts de ces repas, bien loin des objectifs qualitatifs (bio notamment) promis depuis des lustres (2014, déjà..) et jamais atteints.  

Hâtons nous lentement !

« GPSEA va faire en sorte en 2021 de recourir dans une plus large mesure encore à ces produits de qualité conformément aux objectifs fixés par la nouvelle réglementation. Cependant, le respect de cette obligation sera inévitablement assujetti aux capacités de l’industrie agro-alimentaire de fournir les 13 500 repas par jour commandés par les villes d’Alfortville, de Créteil, de Limeil-Brévannes et de Noiseau, communes bénéficiaires du service de fabrication et de livraison des repas de GPSEA, ce qui démontre à ce jour les limites en la matière« 

C’est de la commande publique que doit venir le changement, pas de l’industrie agro-alimentaire, qui se contente de verdir ses emballages à moindre frais, et nous impose depuis des décennies son modèle standardisé, dopé aux pesticides et à l’huile de palme. 

Où est la volonté politique ? Pourquoi ne pas mettre en place une politique volontariste de soutien aux agriculteurs de proximité, pourquoi ne pas recourir aux coopératives bio voisines ? Pourquoi de nombreuses collectivités y parviennent t’elles (à l’exemple des communes de Barjac et Mouans Sarthoux, dont les maires ont été des précurseurs) , si ce n’est parce que leurs élus ont décidé de passer de la parole aux actes ?

Sans aller bien loin, sur le propre territoire de GPSEA, la ville de Sucy-en-Brie a conservé sa cuisine centrale et met en œuvre un partenariat fructueux avec Le Groupement des Agriculteurs Bio d’Ile de France.  On attend avec impatience que cet exemple soit suivi plus largement au sein du Territoire et que nos enfants puissent en bénéficier…

Les menus de mars-avril des écoles de Créteil illustrent ce manque d’ambition. Les menus, nous dit-on, sont composés par une diététicienne. Vraiment ? Des repas entiers sans légumes, des « panés moelleux », des nuggets végétariens bourrés de graisses et de sucre en guise d’alternative végétarienne. A quoi bon troquer l’horrible cordon bleu contre son équivalent VG industriel ? Un article de Reporterre montre que la plupart des steaks végétaux laissent sérieusement à désirer

Que fait GPSEA des recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS 4) : plus de végétaux, moins d’aliments transformés, moins de pesticides ?

Rappelons que 85 % des Français souhaitent que les enfants mangent bio dans les cantines.

Où sont les 20 % de bio minimum prévus par la loi Egalim ?  

Reprenons les menus publiés pour mars 2021 à Créteil. En bio, peu de propositions. Essentiellement des laitages, peu de légumes, aucune viande bio. On sait que la viande bio est chère. Elle est moins subventionnée que la viande conventionnelle, et les animaux sont élevés plus longtemps, et dans de meilleures conditions. Pourquoi proposer des faux steaks de céréales hypergras, même bio, plutôt que de proposer des légumineuses cuisinées en dhal, houmos, falafels, peu onéreux et très appréciés des enfants, et profiter des économies pour acheter du poulet bio local ? Pourquoi tant de produits laitiers et pas plus de légumes bio ? Mais 2 fois des croquettes au soja non bio : en France, on a la chance d’avoir une filière bio pour le soja, alors pourquoi consommer des produits industriels avec du soja importé du Brésil, et son corollaire de déforestation et d’OGM ?
Pourquoi des crudités à la sauce à salade industrielle détestée par les enfants, et pas du jus de citron et de l’huile d’olive ?
Pourquoi tant de hoki, poisson dont la pêche ravage les fonds sous marins ?
Pourquoi tant de viande rouge, et si peu de poulet ? 

Disons charitablement qu’il reste une belle marge de progression dans les cantines de Créteil, en matière santé publique, de plan climat et d’économie sociale et solidaire.  

La cantine est le moment de rassemblement des enfants de tout milieu. Donnons leur le meilleur : une alimentation saine, bonne pour leur santé, et celle de la planète.