La Consultation publique organisée par Grand Paris Sud Est Avenir au sujet du projet de Plan Climat territorial, a donné lieu à de nombreuses contributions individuelles ou collectives qui, pour la plupart, rendent compte de manques ou d’insuffisances. Parmi les sujets les sujets les plus souvent évoqués, les mobilités douces, les déchets, la réduction des pollutions et la nécessité de modifier radicalement l’approche de l’aménagement urbain, si on veut véritablement agir sur les causes et les effets du changement climatique.

Voici ci-dessous, la contribution déposée par CRETEIL ECOLOGIE :

CRETEIL ECOLOGIE, association locale dédiée aux questions environnementales a étudié avec attention le PCAET du territoire Grand-Paris Sud-Est Avenir mis en consultation publique via le site de l’institution.

A noter en préalable que la durée (restreinte), le calendrier (fêtes de fin d’année) et les dysfonctionnements du site (liens vers certains documents techniques défectueux) rendent la tâche des citoyens peu aisée… De tels sujets, qui concernent pourtant au premier chef la vie quotidienne et l’avenir des habitants du territoire, mériteraient une mobilisation de moyens bien plus importante, et sur le long terme. A cet égard, nous proposons que le suivi de la mise en œuvre et de l’amélioration du Plan Climat soit confié à des structures locales indépendantes, composées de citoyens volontaires.

Le PCAET porte sur un programme de 50 actions répartis en 5 domaines : énergie, air, climat, économie circulaire et durable et éco-exemplarité. Il prétend répondre à une ambition : formaliser « l’engagement de l’EPT en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, de reconquête de la qualité de l’air et de la transition énergétique, en cohérence avec les ambitions de l’Accord de Paris ».

Malheureusement, à cette ambition répondent des propositions d’actions souvent partielles ou manquant de volontarisme. Le Plan vise plus souvent à valoriser l’existant ou l’améliorer à la marge que de donner une réelle impulsion à la lutte contre le changement climatique et pour la qualité de l’air.

On constate de nombreux manques, et notoirement la question des déchets, absente de la thématique énergie, alors que ce secteur est fortement énergivore et contribue à la production de GES.

Le volet « air » du Plan est également problématique, considérant d’emblée que la qualité de l’air du territoire « est plutôt bonne », il ne comporte que des actions peu ambitieuses, sans référence à la différenciation entre pollution de fond et pollution de proximité, liée notamment au trafic automobile sur les nombreuses voies rapides qui sillonnent le Territoire. Aucune référence à la ZFE (zone à faible émission), qui va pourtant concerner une partie du territoire, ni à l’extension des zones 30, qui ont le double avantage de réduire la pollution de proximité et le bruit lié au trafic automobile.

La stratégie « vélo » est reléguée au futur Plan de déplacement, sans que soient fixés des objectifs opérationnels moins vagues que celui d’atteindre 10% de part modale pour les modes actifs (vélo et marche). L’épisode malheureux du démantèlement des coronapistes du Département à Créteil en septembre dernier est préoccupant quant à la prise en compte des besoins des cyclistes sur le Territoire, indissociable de la montée en puissance de ce mode de déplacement pourtant essentiel.

Le volet « aménagement et urbanisme » est également le parent pauvre de ce PCAET, là aussi renvoyé au futur Plan local d’urbanisme intercommunal, alors que l’occupation et l’artificialisation des sols, la place des zones naturelles, la question de l’imperméabilisation, la performance énergétique des bâtiments… sont des questions stratégiques qui pourraient faire l’objet d’un cadrage préalable ambitieux dans le PCAET.

Le rapport du bureau d’étude Atmoterra montre parfaitement, dans son graphique 3 (page 8 de son rapport) que le bénéfice environnemental des actions prévues est loin d’être optimum et impose de revoir et approfondir de nombreuses mesures.

Nous voulons souligner également les avis critiques émis tant par l’autorité indépendante MRAE que par la Métropole du Grand Paris, qui vont imposer au GPSEA de revoir une partie non négligeable de ce document. Ainsi, la MRAE estime que le GPSEA doit mieux démontrer que les objectifs affichés n’ont pas été fixés de manière arbitraire, qu’il manque un caractère stratégique et opérationnel. La MGP déplore entre autre le manque d’objectifs chiffrés et l’absence d’un dispositif d’évaluation.

En tant qu’association locale, nous avons à cœur de contribuer au débat public sur les enjeux environnementaux qui impactent notre territoire. C’est pourquoi, nous considérons que le Plan Climat Air Energie du GPSEA est à ce stade très incomplet et surtout pas assez volontariste face à l’urgence climatique et environnementale. Nous souhaitons qu’il soit revu, complété et surtout amplifié, en s’appuyant plus fortement sur la mobilisation des citoyens et des acteurs associatifs.

A Créteil, le 4 janvier

CRETEIL ECOLOGIE
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