La pollution de l’air tue … bien davantage qu’on ne le pensait jusqu’à tout récemment (Le Monde 2019/03/12 ). Et, avant de nous tuer, elle dégrade notre état de santé en provoquant ou aggravant l’asthme, les bronchites chroniques, les allergies, etc.

Les habitants des grandes agglomérations sont évidemment parmi les premières victimes de cette pollution, ce qui a incité le conseil de Paris à créer en 2015 une zone à faibles émissions (ou ZFE). Le conseil de la métropole du grand Paris (MGP) lui a emboîté le pas en instaurant, à compter du 1er juillet 2019, une ZFE élargie à l’intérieur du périmètre délimité par l’autoroute A86. Toutefois, pour que les règles s’appliquent dans les 79 communes concernées, chaque maire doit prendre un arrêté municipal en ce sens.


L’objectif d’une ZFE est de réduire les émissions de polluants atmosphériques liées au trafic routier, de faire baisser les concentrations de polluants et de diminuer le nombre de personnes exposées à des concentrations supérieures aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en limitant la circulation des véhicules les plus polluants et en incitant les citoyens à privilégier les transports en commun et les mobilités douces (vélo, marche et autres).


Le principe de fonctionnement de la ZFE du Grand Paris est simple. Pour y circuler, tous les véhicules doivent avoir une vignette Crit’Air collée sur le pare-brise. Celle-ci permet de distinguer les véhicules en fonction de leur niveau d’émission de polluants atmosphériques. Les plus polluants (Crit’Air 5) et les « non classés » ne peuvent pas (sauf dérogations) rouler dans la ZFE du lundi au vendredi de 8 heures à 20 heures, à l’exception des jours fériés.


Il est prévu, à partir du 1er juin 2021, d’étendre les restrictions de circulation dans la ZFE du Grand Paris aux véhicules ayant une vignette Crit’Air 4.

Des aides de la MGP, s’ajoutant aux aides d’État, sont proposées, sous condition de ressources, à ceux qui souhaitent acheter un véhicule moins polluant et s’engagent à faire détruire leur véhicule soumis à restriction de circulation.
Les écologistes considèrent que, pour une véritable amélioration de la santé, les règles de la ZFE ne vont pas assez loin. Elles ne permettent pas de s’attaquer en profondeur aux causes de la pollution et ne font, dans le meilleur des cas, qu’en limiter les excès.

Ils incitent les citoyens à donner leur avis sur les prochaines étapes de la ZFE, dans le cadre de la consultation publique en ligne lancée par la MGP et ouverte du 9 au 31 mars 2021.


Mais cela n’empêche pas le maire de Créteil, Laurent Cathala, de considérer que la ZFE c’est déjà trop et de refuser obstinément depuis l’origine que « sa » ville adhère à la ZFE. Au motif, réel, que l’A86 est exclue de la ZFE et que Créteil est traversée par l’A86, le maire ne « voit pas la cohérence » de réduire la pollution en ville. Sur le site de la ville de Créteil , la ZFE est même qualifiée de frontière inacceptable qui « risque de partager le territoire communal en deux et de provoquer ainsi une rupture d’égalité sociale et économique entre les habitants », alors que Créteil pourrait demander, au contraire, à être tout entière intégrée à la ZFE, hormis l’A86.

Interrogé le 22 juillet dernier dans le cadre de l’enquête d’utilité publique sur l’extension de l’usine d’incinération du carrefour Pompadour, Laurent Cathala se félicitait de la mise en place prochaine d’un troisième four à et ne voyait pas d’inconvénient majeur à l’augmentation « de la circulation des camions allant et venant au centre d’incinération [puisqu’elle] passe essentiellement sur la N86 et le carrefour Pompadour et n’a que peu d’influence sur la circulation urbaine. »

Pourtant une étude d’impact, réalisée par la société Iris Conseil dans le cadre du projet de nouvel incinérateur, évalue à 49% l’augmentation d’activité de l’usine d’incinération et à 53% la hausse du trafic quotidien de poids lourds, dont la fréquence, rien que pour alimenter l’usine et en repartir, passerait à 340 PL/jour.

On le voit, à Créteil, pour le maire Laurent Cathala, pour son adjoint Axel Urgin, président du SMITDUVM, le syndicat mixte porteur du projet de nouvel incinérateur, pour les candidats au Conseil départemental qu’il soutient, également conseillers municipaux et tout dévoués au maire, la lutte contre la pollution et le changement climatique, la volonté de préserver l’environnement ne sont des priorités ni pour aujourd’hui, ni pour demain.


Si vous souhaitez participer à la consultation publique lancée par la métropole du Grand Paris, rendez vous à cette adresse : https://zfe-planclimat-metropolegrandparis.jenparle.net/ . Mais, pour la bonne cause, il faudra (un peu) tricher en vous rattachant à une commune adhérente de la ZFE puisque, en raison du choix fait par la municipalité de Créteil, les Cristoliens ne sont pas invités à s’exprimer.